Oubliez Project Zero, la licence conserve désormais son nom d'origine partout dans le monde, et c'est tout de suite plus cohérent. Fatal Frame a une vision singulière du survival horror et troque les armes habituelles contre un simple appareil photo. L'image fatale, un cliché pour immortaliser les morts et les exorciser. Mio n'aura que ça pour se défendre et mettre en déroute les entités qui tenteront de s'en prendre à elle. L'adolescente, l'héroïne de notre histoire, est à la recherche de sa sœur Mayu, blessée et atteinte par un insecte rouge sang. Un papillon, certainement un présage funeste, qui la mène au cœur d'un village abandonné au passé aussi lourd que sanglant.

Dans les traces de Silent Hill et Resident Evil, Fatal Frame 2 renaît (encore)

C'est dans la peau d'une jeune fille perdue et démunie que l'on explorera ces lieux hantés et dangereux, ayant pour seules armes un appareil photo capable d'exorciser les esprits et d'interagir avec le monde invisible. Pour qui connaît le jeu d'origine, il n'y aura pas de surprise. Fatal Frame 2 Crimson Butterfly était un petit chef-d'œuvre d'ambiance et de narration en son temps et il n'a rien perdu de sa superbe. Au contraire, à l'instar du travail effectué sur Silent Hill 2 Remake, tout est à la fois différent et familier.

Dans le fond, rien ne change. C'est surtout dans la forme que l'on touche à la modernité, mais pas entièrement. Exit les plans de caméra fixes si chers aux années 90-2000, le remake de Fatal Frame 2 mise plutôt sur une vue à la troisième personne, plus immersive et permissive. Un angle de vue différent sur l'horreur, qui conserve toutefois sa dimension avant tout psychologique. Rien ne change, le remake n'a pas pour vocation de bousculer ses propres codes ni son identité, il les modernise simplement.

Capture de Fatal Frame 2 Remake par ©Jérémy.H
Voici Mio, la protagoniste que l'on incarne dans Fatal Frame 2 Remake ©Jérémy.H " KiKiToès" pour Gameblog

Malheureusement, dans le cas de Fatal Frame, tout n'est pas nécessairement une excellente idée. Une partie de la terreur venait notamment du fait de ne pas percevoir directement les menaces et de devoir dégainer son appareil photo pour déceler les esprits dans les angles morts de la caméra fixe. Ici, forcément, l'effet est moindre puisque l'on peut l'orienter comme bon vous semble. Mais ça n'est vrai que pour les affrontements directs puisque les développeurs ont eu l'intelligence de revoir quelques séquences afin de les adapter à ce nouveau format.

C'est plutôt réussi pour celles que j'ai pu voir durant les premières heures. Les fans seront également ravis de voir que beaucoup de scènes marquantes et mémorables sont toujours bien présentes et surtout intactes. Le remake se veut extrêmement fidèle à l'œuvre originale, et ça se sent dès le départ. On plonge une nouvelle fois en plein folklore japonais avec ses légendes et ses croyances, mais aussi une bonne dose de cauchemars.

Capture de Fatal Frame 2 Remake par ©Jérémy.H
La maison Osaka est toujours aussi glaçante. ©Jérémy.H " KiKiToès" pour Gameblog

Une ambiance à couper le souffle

À l'époque, c'est peut-être cet univers profondément ancré dans la culture japonaise qui lui a porté préjudice, faisant de Fatal Frame une licence de niche moins populaire que les cadres très occidentaux et plus abordables de Resident Evil et Silent Hill. Mais depuis, l'eau a coulé sous les ponts et on peut même dire que le jeu tombe à pic, juste après un Silent Hill extrêmement bien reçu et qui partage lui aussi un amour fou pour le pays du soleil levant et sa culture. Moins ancré dans le réel que ne l'est l'œuvre de Konami, le remake de Fatal Frame 2 n'en est pas moins aussi immersif et prenant. On est immédiatement pris à la gorge par l'ambiance pesante de ce village fantôme typiquement japonais et figé dans une autre époque, celle des croyances et des cultes.

Visuellement, le remake reprend donc ce qui a fait le succès du jeu original, mais le rend encore plus sombre que par le passé, un peu comme ce qu'a fait Resident Evil 4 Remake. Le moteur graphique, forcément moderne, permet aux environnements de se détailler et d'étaler de la narration environnementale absolument partout. Le moindre détail compte, même le plus infime et certains viendront jouer sur vos peurs sans crier gare.

Fatal Frame 2 Remake est au moins aussi effrayant que ne l'était l'original, même en connaissant les événements à l'avance, je me suis fait surprendre. Tout n'est pas exactement comme par le passé et c'est tant mieux. On est également davantage plongé dans la pénombre et parfois le noir quasi total, tandis que les effets de lumière très réussis renforcent le sentiment d'oppression et d'horreur ambiante. Le sound design est quant à lui très réussi également.

Les environnements sont très détaillés. ©Jérémy.H " KiKiToès" pour Gameblog

Le système de combat est ingénieux, mais toujours aussi peu pratique

Après ses quelque 5 heures passées en sa compagnie, Fatal Frame 2 Remake s'est montré terriblement efficace et prenant, mais il m'a également démontré que son héritage avait quelque peu mal vieilli, malgré ses bonnes idées. Nous forcer à prendre des clichés avec un appareil photo est toujours aussi anxiogène et intéressant sur le papier, mais le système de combat reste toujours perfectible. Comparé au jeu original, il se complexifie et se veut même plus percutant et dynamique. Sauf qu'on le sait, tourner un jeu d'horreur vers l'action n'est pas une bonne idée, et ça l'est encore moins dans le cas d'un jeu aussi singulier que Fatal Frame. Les entités sont bien plus agressives que par le passé, et perdent au passage ce côté « âme errante » à glacer le sang de l'époque. Elles n'hésitent pas à nous sauter à la gorge et à se téléporter tout autour de nous.

Capture de Fatal Frame 2 Remake par ©Jérémy.H
L'ambiance est anxiogène et très prenante ©Jérémy.H " KiKiToès" pour Gameblog

Le souci, c'est que Mio a également hérité de sa lourdeur d'origine. Les déplacements sont très lents, même si l'on peut faire des volte-face d'une simple pression de touche et l'on prend des dégâts bien trop facilement. Il faut en prime faire attention à sa Volonté, l'équivalent de l'endurance classique. Cette ressource fait office de bouclier en encaissant les dégâts avant la vitalité, mais sert également à se mouvoir en combat et à utiliser certaines actions spéciales. Autant vous dire qu'au départ, c'est un peu (beaucoup) la pagaille et les mises à terre s'enchaînent. De plus, il n'est pas évident de prendre des photos précises pour infliger un maximum de dégâts lorsque les fantômes sont aussi rapides et nous aussi lents.

En d'autres termes, les combats peuvent devenir de vrais calvaires et si nous n’ avons aperçu que les premiers chapitres du jeu, on peut déjà vous en citer 4 ou 5 obligatoires qui plus est. Difficile de parler du bon dosage de l'horreur et de l'action sans avoir vu le jeu dans son entièreté, mais pour l'heure, ça semble plutôt aller dans le bon sens, même s’il est surprenant de voir que le remake multiplie les affrontements obligatoires ou en arène, chose qui n'était pas aussi fréquente dans l'opus originel.

Oui, ce fantôme ultra flippant est bien de retour également, mais il y a une surprise... ©Jérémy.H " KiKiToès" pour Gameblog

On attend Fatal Frame 2 Remake... avec impatience, mais aussi quelques réticences

Le remake de Fatal Frame 2 Crimson Butterfly est bien parti pour s'inscrire sur la liste des réussites aux côtés de Silent Hill 2 Remake et autre Resident Evil 4 Remake. Lui aussi arrive à rester fidèle à l'œuvre d'origine en y apportant des nouveautés. Dès ses premiers instants, l'immersion est immédiate. Le jeu réussit à conserver son ambiance terrifiante et singulière en y injectant quelques ingrédients d'horreur moderne. Dommage que le système de combat, pourtant très intéressant et surtout unique en son genre, n'ait visiblement pas eu le droit au même traitement. Reste à voir ce que ça donnera avec la multitude d'améliorations à débloquer au fil de l'avancée, mais pour le moment ce serait bien là la seule raison qui pourrait pousser les amateurs de survival horror à réfléchir à deux fois avant de plonger.